Chanoines réguliers de Prémontré
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Oct
S. Bruno, prêtre
Écrit par f. Maximilien

Solennité de l’Annonciation du Seigneur – 25 mars 2022

Dans quelques instants, après la proclamation de notre foi, nous consacrerons la Russie, l’Ukraine et notre monde à la Très Sainte Vierge Marie. Nous serons en union de prière avec toute l’Église, unie au Saint-Père. Notre pape François a en effet annoncé la semaine dernière son désir de consacrer ces deux pays en guerre et notre monde à la Vierge immaculée. Il a aussi demandé à ce que, partout dans le monde, les pasteurs de l’Église et le peuple chrétien s’unissent à cette prière. Mais pourquoi attendre ? Alors que la guerre fait déjà rage, pourquoi attendre ce jour du 25 mars pour cette consécration ? L’Évangile d’aujourd’hui nous aide à donner un poids particulier à cette prière de consécration que toute l’Église universelle adresse à la Vierge Marie et, par elle, à son divin Fils aujourd’hui.

Le récit de l’Annonciation nous fait contempler l’intimité du dialogue entre Marie et l’ange envoyé du Seigneur. Et l’attitude de la Vierge Marie est le modèle même de ce que notre Église vit aujourd’hui par l’acte de consécration. Marie est le modèle de l’Église. Lorsqu’on entend Marie répondre à l’ange son Fiat : « Voici la servante du Seigneur ; que tout m’advienne selon ta parole », il faut entendre l’Église prononcer cette même phrase. Elle est la servante du Seigneur. Lorsque l’Église est unie, par toute la terre, derrière ses pasteurs, eux-mêmes en communion avec le successeur de Pierre, alors l’Église ne fait autre chose que redire, comme Marie : « Voici la servante du Seigneur ; que tout m’advienne selon ta parole ». Nous ne savons pas comment Dieu nous exaucera : « comment cela va-t-il se faire ? », mais, comme Marie, notre confiance est inébranlable, car, comme Marie, nous entendons l’ange nous dire : « rien n’est impossible à Dieu ».

L’Évangile de ce jour se termine avec cette phrase, très brève : « alors l’ange la quitta ». Une fois l’ange parti, Marie est-elle seule ? Certainement pas. Si l’ange, envoyé du Seigneur, s’en va, c’est que sa présence n’est plus nécessaire. Car désormais, Marie porte en elle le Fils de Dieu et Dieu lui-même. Il en est de même pour l’Église : elle n’est pas seule. Elle porte en elle le Fils de Dieu et Dieu lui-même, Sauveur du monde. Et comme Marie, l’Église donne le Sauveur au monde.

Ainsi, consacrer la Russie, l’Ukraine et le monde entier le jour de l’Annonciation révèle notre foi, notre confiance et notre espérance. Notre prière n’est rien d’autre que le Fiat de l’Église pour aujourd’hui, pour notre monde, pour nous-mêmes. Avec Marie, gardons la foi au cœur et entrons dans l’espérance. Car elle est dite à l’Église, cette parole de l’ange : « L’Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre ».