Chanoines réguliers de Prémontré
20
Mai
Écrit par F. François-Marie

Dimanche des Rameaux et de la Passion – 10 avril 2022

Quand meurt un de nos proches, certaines de ses paroles surgissent dans notre mémoire et prennent vie à l’intime du cœur. Lorsque la voix de Jésus se tait, sur la Croix, commencent alors à vivre, au souffle de l’Esprit, tant de paroles du Verbe fait chair. En particulier ces mots par lesquels Jésus nous a appris à parler à Dieu : « quand vous priez, dites : Père ! »

Notre Père qui es aux Cieux, nous voici devant Toi ce matin et nous voulons Te louer, avec la foule remplie de joie, qui acclame ton Fils entrant à Jérusalem, humblement assis sur un âne. Nous Te louons pour l’humilité et la douceur du cœur de ton Fils. Tu es Seigneur du ciel et de la terre, et cependant Tu as voulu te révéler, non pas aux puissants ou aux sages, mais aux tout-petits. Fais-nous participer de manière consciente et active au chemin pascal de Ton Fils, durant ces jours saints.

Que Ton nom soit sanctifié en nous et parmi toutes les nations, par le sacrifice de Ton Fils. Nous le croyons, sa mort a effacé nos fautes et sa résurrection a fait de nous des justes. Il n’y a pas d’autre Sauveur que ton Fils, lui le Chemin, la Vérité et la Vie.

Que Ton règne vienne, comme il est venu, à la Croix, pour le bon larron, à qui ton Fils a ouvert en grand les portes du Royaume. Lui Jésus, l’innocent qui a voulu souffrir pour les coupables, a fait passer le criminel qui reconnaissait ses fautes, de la tristesse de la mort, à la joie éternelle du Paradis.

Que Ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel, toi qui, du ciel, a envoyé un ange à ton Fils en agonie, pour le réconforter, à l’heure où il te disait : « Père, non pas ma volonté, mais la tienne », et où sa sueur, comme des gouttes de sang, tombaient sur notre terre.

Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour, donne-nous Père, le pain de cette eucharistie, le Corps de ton Fils, qui n’a pas hésité à se livrer pour nous aux mains des méchants, le Corps ressuscité de Celui qui, à la dernière Cène, t’a rendu grâce en nous laissant le mémorial de son corps et de son sang, pour que tes prêtres le célèbrent désormais chaque jour, avec ton peuple, dispersé par ta Passion mais rassemblé par ta Résurrection.

Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés, nous qui venons d’entendre ton Fils Jésus, sur la Croix, se tourner vers toi et te dire « Père, pardonne-leur : ils ne savent pas ce qu’ils font ». Apprends-nous aussi à pleurer sur nous-mêmes et sur nos enfants, comme ton Fils l’a dit aux filles de Jérusalem, pour que ces larmes fécondent un véritable repentir de nos cœurs.

Et ne nous laisse pas entrer en tentation, ne nous laisse pas trahir comme Juda, ne nous laisse pas renier comme Pierre, ne nous laisse pas torturer, avilir et tuer comme ces mauvais soldats à la solde des tyrans, ne nous laisse pas manipuler la vérité au profit de nos petits intérêts religieux comme les grands-prêtres, ou de nos calculs politiques comme Hérode et Pilate, ne nous laisse pas asservir comme la foule.

Mais délivre-nous du mal, fais de nous des Simon de Cyrène pour porter la Croix de nos frères et sœurs qui souffrent, fais de nous des croyants pour commencer à reconnaître avec le centurion, devant le Crucifié, que Jésus est vraiment Fils de Dieu, fais de nous des hommes bons et justes comme Joseph d’Arimathie.

Oui, dans la joie, nous te louons, Père, délivre notre monde du mal, par l’unique sacrifice du Christ ! Amen !