24 mai 2026 – Dimanche de Pentecôte
S’il y a beaucoup de catéchumènes aujourd’hui, de demandes d’adultes qui désirent être baptisés, il y a aussi beaucoup de personnes qui demandent à être confirmés. Il y a quelques mois sont venus à l’abbaye, pour un temps de retraite, les adultes de notre diocèse qui seront confirmés aujourd’hui, cet après-midi, à la cathédrale. Ils vont recevoir le sacrement de la Confirmation. Ce sacrement, donné à ceux qui ont déjà été baptisé, leur apporte la force de l’Esprit Saint pour vivre unis au Christ, fidèle à lui, dans la communion de l’Église. Quand on est éduqué dans une famille chrétienne, on reçoit ce sacrement à partir de l’âge de raison, mais beaucoup de personnes, malheureusement, ne l’ont pas reçu dans leur jeunesse. Aussi est-ce par d’autres chemins que Dieu vient à leur rencontre.
Ces adultes qui demandent la confirmation, dans notre diocèse, viennent chaque année ici pour se préparer durant deux jours de prière, de méditation, ici, à Mondaye, et c’est un moment important, que nous autres, les frères de l’abbaye, aimons bien accompagner. Ils étaient nombreux cette année encore. J’ai eu l’occasion d’écouter plusieurs d’entre eux et j’ai été frappé par leur itinéraire spirituel. Chacun à sa manière racontait comment Dieu était venu le chercher pour ainsi dire, de manière impromptue, contre toute attente parfois, ou au bien au contraire au terme d’un long processus de réflexion et de mûrissement. Pour les uns jeunes adultes, pour d’autres à l’âge mûr, pour d’autres enfin à un âge bien avancé (il y avait un monsieur de 75 ans qui demandait ce sacrement), les uns dans des épreuves et des grandes difficultés personnelles, d’autre à travers le chemin de vie de leurs enfants, les uns dans la solitude de la prière, d’autre par la rencontre de leur conjoint ou d’amis que Dieu a placé sur leur route. Je suis vraiment émerveillé et touché par cette capacité que Dieu a de venir rencontrer et toucher les cœurs, dans des situations si différentes les unes des autres, souvent de manière imprévue. Tout cela est le signe que Dieu est à l’œuvre, qu’il est présent auprès de nous et en nous, dans la durée, dans le temps. Et c’est bien ce que l’Évangile qui vient d’être lu et la première lecture, tirée des Actes des Apôtres, nous montrent et nous enseignent aujourd’hui.
Ils nous placent au commencement et à la fin du temps pascal, au premier jour, celui de la résurrection, et au 50e jour, celui de la Pentecôte.
Dans l’un et l’autre cas, avec les disciples de Jésus. Dans l’un et l’autre cas aussi, l’Esprit Saint est donné. Au soir de Pâques, Jésus, ressuscité par le Père, souffle sur les disciples et leur donne l’Esprit Saint. Au terme des 50 jours après Pâques, l’Esprit Saint annoncé par le Christ est envoyé du ciel.
Ainsi, c’est tout le temps pascal qui est vécu dans la présence et dans le don de l’Esprit Saint.
Cela nous apprend une chose essentielle : Dieu n’est pas loin de nous, il se fait tout proche. La présence de Dieu nous est offerte chaque jour, nous ne sommes pas seuls, isolés, abandonnés, et nous sommes appelés à vivre et faire grandir notre relation avec Dieu. Nous sommes aussi appelés à découvrir que Dieu nous accompagne tout au long de notre existence, mais que souvent nous ne savons pas suffisamment reconnaître sa fidélité.
C’est bien tous les jours de notre vie que l’Esprit Saint est auprès de nous, don intime et intérieur, qui nous ouvre à la présence du Christ, par la foi, afin d’orienter toute notre vie selon la volonté du Père. Dans l’histoire de l’humanité, il y a un avant et un après, dont l’axe central est le jour de Pâques.
Depuis lors, l’Esprit Saint nous est donné, dans nos joies et nos peines, dans nos réussites et dans nos épreuves. Cet Esprit entraîne les Apôtres, que Jésus a choisi sous l’action de l’Esprit Saint, à annoncer au monde, dans la multiplicité des peuples et des langues, la miséricorde et l’amour de Dieu, dans le Christ.
Frères et sœurs, dans un monde déboussolé, sans beaucoup d’étoiles, attiré par les mirages de certaines formes de réussite et de succès qui sont des idoles, comme la gloire, l’argent ou l’usage abusif des technologies de pointe, dans un monde blessé par la violence des guerres, par l’agressivité sans retenue des puissants, par les déchirures et les divisions dans les familles et dans la société, nous avons besoin que les chrétiens soient des témoins de la présence de Dieu, de sa miséricorde, de l’amour que le Christ nous révèle en nous montrant qu’il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime. Et c’est ce qu’il a fait pour nous !
Nous avons besoin de chrétiens qui prient, qui soient témoin du Dieu vivant. C’est la vocation de tous les baptisés. C’est particulièrement notre vocation, dans la vie religieuse, avec nos fragilités, bien sûr, dans les abbayes et les monastères, d’être ce signe si précieux, si fondamental, pour l’Église et pour le monde.
Que la fête de la Pentecôte fasse de nous tous aujourd’hui des témoins joyeux, ensoleillés et bénis, de l’amour de Dieu répandu dans nos cœurs par l’Esprit Saint qui nous a été donné. Amen !