25 mars 2026 – Annonciation du Seigneur
« Me voici, Seigneur, je viens faire ta volonté. » Cette parole du psaume, mise dans la bouche du Christ par l’auteur de l’épître aux Hébreux que nous entendons aujourd’hui résonne comme un écho entre le ciel et la terre. Elle est d’abord la parole du Fils, le Verbe éternel, qui en entrant dans le monde dit au Père : « Me voici. » Avant même que Marie ne prononce son fiat, il y a ce « oui » primordial du Christ, offert de toute éternité.
La fête de l’Annonciation nous invite souvent à contempler la foi et l’obéissance de Marie. Et à juste titre : face à l’inattendu de Dieu, elle répond avec une disponibilité totale : « Qu’il me soit faut selon ta parole. » Elle fait confiance. Elle accueille en elle le dessein de Dieu.
Mais il est essentiel de voir que ce « oui » de Marie est comme porté, précédé, rendu possible par celui du Christ. L’épître aux Hébreux nous le rappelle : en entrant dans le monde, le Fils vient pour offrir sa propre vie, dans une obéissance parfaite au Père. C’est lui, le premier, qui dit : « Me voici. » C’est lui qui vient accomplir pleinement la volonté divine, jusqu’au don total de lui-même.
Ainsi, Marie n’est pas à l’origine du salut : elle y coopère. Elle peut dite « oui » parce que le Fils a déjà dit « oui. » Elle peut accueillir le Verbe en elle parce que le Verbe s’est d’abord offert au Père pour venir habiter parmi nous. Son fiat s’inscrit dans celui, plus profond encore, du Christ.
Pour nous aujourd’hui, cette fête est un appel. Nous sommes invités à entrer dans ce double mouvement : accueillir la volonté de Dieu, comme Marie, mais surtout nous appuyer sur le « oui » du Christ. Lorsque nous pensons que faire la volonté de Dieu dépend uniquement de nos forces, souvenons-nous que c’est d’abord le Christ qui agit en nous et nous rend capable de répondre. Si des religieux peuvent dire : « je me donne à toi, Seigneur, » c’est parce que le Christ, le premier, a dit : « Père, non pas ma volonté, mais ta volonté » ; si les baptisés peuvent dire : « notre Père, qui es aux cieux, que ta volonté soit faite, » c’est parce que le Christ, le premier, a dit : « nul ne peut aller au Père sans passer par moi » ; si des catéchumènes peuvent frapper à la porte de l’Église pour demander la foi et la vie éternelle, c’est parce que le Christ, le premier, a dit : « je me tiens à la porte, et je frappe. »
Dans notre vie quotidienne, dans nos choix, nos engagements, nos épreuves, nous pouvons dire simplement : « me voici Seigneur. » Non pas seuls, mais unis au Christ, en laissant son « oui » devenir le nôtre. Alors, comme Marie, nous deviendrons des lieux où Dieu pourra continuer d’entrer dans le monde.