Chanoines réguliers de Prémontré
18
Jan
Écrit par f. Maximilien

1er janvier 2026 – Sainte Marie, Mère de Dieu

En ce premier jour de l’année, nous pouvons laisser résonner en nous la parole de saint Paul : « Lorsqu’est venue la plénitude des temps, Dieu a envoyé son Fils, né d’une femme et soumis à la loi de Moïse, pour que nous soyons adoptés comme fils ». L’Apôtre ouvre devant nous un triple horizon : le mystère que Dieu accomplit dans le temps, le mystère de notre identité de fils et de filles de Dieu et, enfin, la place unique de Marie dans ce dessein divin. C’est en suivant ce chemin, du temps de Dieu à notre filiation, puis à la figure de Marie, Mère de Dieu, que nous pouvons entrer spirituellement dans l’année qui commence.

« La plénitude du temps ». Cette expression ne désigne pas seulement un moment précis de l’histoire. Elle dit quelque chose de l’amour de Dieu. Dieu ne se contente pas de regarder le monde de loin : il choisit un instant, un contexte, une chair humaine pour venir à notre rencontre. Dieu n’agit ni dans la précipitation ni dans l’improvisation ; il accomplit patiemment son projet. Au seuil d’une nouvelle année, alors que nous faisons des bilans et des projets, cette parole nous rappelle que notre temps est habité. Même ce que nous ne maîtrisons pas, même les lenteurs, même les épreuves, peuvent devenir lieu de salut, parce que Dieu y travaille en profondeur.

Et comment Dieu entre-t-il dans ce temps ? Saint Paul insiste : son Fils est « né d’une femme, soumis à la loi de Moïse ». Dieu ne contourne pas la condition humaine ; Il la rejoint de l’intérieur. Il accepte la fragilité de la naissance, la dépendance d’un enfant, les limites d’une existence humaine. Cette humilité de Dieu est déjà une lumière pour notre année nouvelle : Dieu n’est pas absent de ce qui est petit, fragile ou inachevé. Il y demeure et Il y sauve.

Et le but de cette venue nous concerne : « pour que nous soyons adoptés comme fils ». En Jésus, quelque chose de radical change pour nous. Nous devenons fils et filles de Dieu. Saint Paul va jusqu’à dire que l’Esprit du Fils est envoyé dans nos cœurs et qu’il nous fait crier : « Abba, Père ». Ce cri est celui de la confiance. Il peut être discret, parfois étouffé par les inquiétudes ou les peurs, mais il demeure le cœur de la foi chrétienne : nous appartenons à Dieu comme des enfants aimés.

C’est ici que la figure de Marie prend toute sa place. En célébrant Marie, Mère de Dieu, l’Église proclame d’abord une vérité sur le Christ : Celui qu’elle a porté est vraiment Dieu. Elle révèle aussi quelque chose de notre propre vocation. Si Dieu a voulu avoir une mère, c’est pour nous ouvrir un chemin de proximité. Marie est la femme par qui le Fils entre dans le temps. Elle devient ainsi la mère de tous ceux que ce Fils rend enfants du Père. Sa foi silencieuse, son consentement libre, sa capacité à garder les événements dans son cœur font d’elle un guide pour nos commencements.

En ce début d’année 2026, alors que l’Église prie aussi pour la paix, cette filiation retrouvée est essentielle. Il n’y a pas de paix durable sans le regard qui reconnaît en chaque personne un fils ou une fille de Dieu. Accueillir le Christ, c’est apprendre à regarder le monde autrement.

Confions cette année à Marie, Mère de Dieu et notre Mère. Qu’elle nous apprenne à vivre le temps comme un don, à nous tenir devant Dieu comme des enfants confiants, et à devenir, là où nous sommes, des artisans de paix.