Retour à Dieu de notre frère Benoît Delachaux (1935 – 2026)

Paul Delachaux, en religion frère Benoît, est né le 11 septembre 1935 à Ligny-en-Barrois (Meuse), de Charles Delachaux, bijoutier, et de Marie Elisabeth Borrel. Il est le dernier d’une famille de sept enfants, cinq garçons et deux filles. Sa mère reçut une médaille de l’évêque de Verdun pour avoir « donné » à l’Église quatre de ses fils ! Son frère Luc devint prêtre diocésain, professeur de latin dans divers collèges catholiques, son frère Etienne fut également prêtre diocésain et un autre frère, Maxime, fut frère des écoles chrétiennes, en mission au Laos assez longtemps. Scout dans sa jeunesse, Paul sera proche du scoutisme de France pendant de longues années.
Il garda toute sa vie une affection pour sa région natale, dont il découvrit aussi par la suite qu’elle avait été une terre prémontrée, avec notamment le sanctuaire de Notre-Dame de Benoîte-Vaux, un des plus anciens lieux de pèlerinage marial lorrain, desservi jusqu’à la Révolution française par les prémontrés de l’abbaye de Létanche.
La vie de prêtre diocésain que deux de ses frères avaient choisie, ne l’enthousiasmait guère et il s’orienta de préférence vers un ordre religieux, ayant connu Mondaye et les prémontrés, par les contacts de son frère aîné à Paris. Entré en 1954 à Mondaye, vêtu sous le nom de frère Benoît, il fait son noviciat, prononce ses premiers vœux le 28 août 1956, puis est envoyé au prieuré d’Etiolles et débute ses études au Saulchoir, chez les dominicains. Ses études furent interrompues par son service militaire en Algérie, du 6 juillet 1958 au 27 octobre 1960. Sensible aux exactions commises durant le conflit, il obtient de son beau-frère, officier dans l’Armée française, d’être mis un peu à l’écart, comme enseignant en classe de primaire. Comme beaucoup d’autres, il restera traumatisé par ce temps de guerre. De retour, il poursuit sa théologie au séminaire du diocèse de Bayeux. Il est ordonné prêtre par Mgr Jacquemin, le 25 août 1963, puis part à Rome, pour faire une licence en théologie, moment enthousiasmant, à l’époque du concile Vatican II.
De retour à l’abbaye, il est pour un temps membre de l’équipe des hôteliers, avec le frère Jean et le frère Bruno. Il est ensuite nommé au prieuré Saint-Julien à Caen en 1966, où il devient aumônier d’étudiants, en particulier les étudiants de médecine, avec quelques services en paroisse. Même si cette mission d’aumônier est assez brève – les années 68 étant passées par là – il en gardera un excellent souvenir et y fera souvent référence par la suite. Il gardera toujours en très haute estime le milieu médical.
Il suit également des cours de licence de psychologie puis s’engage dans une psychanalyse. Il partage alors son temps entre l’hôpital psychiatrique de Bayeux et son cabinet de psychanalyste à Caen. L’abbé Gildas lui confie le suivi des frères étudiants de la communauté, à partir de 1975. Il s’investit aussi dans l’art contemporain et dans l’animation de concerts et d’expositions à l’abbaye, en particulier autour des fêtes de Pentecôte.
En 1989, il est nommé par l’abbé Pascal sous-prieur, jusqu’en 1995 et chantre, jusqu’en 1999. Quand vient l’âge de la retraite, en 2005, il passe un temps au prieuré Saint-Pierre de Caen, puis au prieuré de Miasino, en Italie, et enfin au prieuré de Laloubère, avant de rentrer à l’abbaye en 2011. Ses forces se réduisent peu à peu et il passe une dernière année de vie, très diminué physiquement, du fait de ses difficultés de santé. Le Seigneur le rappelle à lui au matin du vendredi 9 octobre 2026, dans la 92e année de son âge. Il avait fêté, lors de la saint Augustin 2026, 70 ans de profession religieuse.
Ses funérailles seront célébrées en notre église abbatiale le vendredi 16 octobre 2026 à 10h00.