26 juillet 2026 – XVIIe dimanche du temps ordinaire
Nous poursuivons aujourd’hui l’enseignement du Christ, dont on avait entendu la 1re moitié dimanche dernier. Ce discours sur le royaume de Dieu est construit en symétrie avec 6 paraboles. Dimanche dernier, nous avons entendu d’abord la parole sur le bon grain et l’ivraie, qui demande un discernement qui nécessite de séparer le bon grain de l’ivraie puis 2 paraboles où il était question du temps nécessaire à la croissance du Royaume : la petite graine de moutarde qui peut devenir une grande plante potagère et le levain enfoui dans la pâte qui fait gonfler l’ensemble.
Aujourd’hui, nous avons d’abord entendu 2 paroles sur le temps, mais non pas sur la durée mais sur le moment à saisir : il s’agit de récupérer un trésor enfoui dans un champ et une perle précieuse parmi tant d’autres. Puis de nouveau la question du tri : d’un filet dont on tire des poissons, il fait séparer les bons des mauvais. Comme dimanche dernier, nous sommes avertis que le choix pour le Royaume est déterminant pour avoir part avec le Christ dans le Royaume.
Découvrir un trésor ! voilà qui fait rêver. Le royaume de Dieu est pour nous un trésor, nous dit Jésus. Afin de l’obtenir, lui ou la perle précieuse, 2 choses sont nécessaires
- d’abord les repérer, les identifier. Il ne faut pas passer à côté
- ensuite, il faut faire un choix radical : Tout vendre pour acheter ce bien précieux.
- Et dans tout ça, il faut faire vite : il y a un moment où il faut se décider. Quelqu’un d’autre pourrait profiter de l’aubaine,
Voilà donc le royaume de Dieu qui nous est présenté comme un trésor, une aubaine à saisir.
Qu’en est-il pour nous ? Que pouvons-nous comprendre du Royaume à travers ces paraboles ?
La question du royaume des cieux est centrale : elle traverse tout l’Évangile, du début de la prédication de Jésus qui annonce que le royaume de Dieu est tout proche, jusqu’à sa l’ouverture du Royaume pour le bon larron sur la croix : « souviens-toi de moi quand tu viendras dans ton Royaume ». Jésus est venu pour instaurer le royaume de Dieu. Ce royaume concerne la vie pratique des hommes puisque c’est un royaume de justice. Il vient interroger nos pratiques quotidiennes, nos pratiques sociales qui doivent s’organiser dans l’esprit des béatitudes où il est question de paix, de justice, de miséricorde, de pauvres. En termes plus modernes, c’est la civilisation de l’amour. Voilà le trésor qui est caché comme dans un champ ! Il est caché aux sages et aux savants mais révélé aux tout-petits. Est-ce une utopie ?
Le pape Léon XIV dans l’encyclique Magnifica humanitas reprend cette notion de civilisation de l’amour, expression empruntée au pape Paul VI et il nous dit (je cite) qu’elle « n’est pas une utopie naïve mais un projet exigeant. Elle consiste à traduire la charité en structure de justice, à donner une forme institutionnelle à la fraternité et à considérer l’autre comme un allié nécessaire à la construction du bien commun ». (fin de citation)
Ce qui est vrai pour les structures, pour l’organisation politique et sociale, l’est aussi pour les relations interpersonnelles : nos acceptations des différences, notre esprit de service, nos attentions aux plus fragiles. Ce « projet exigeant » est le trésor caché dans le champ : le prendre est déterminant ; cela transforme la vie de celui qui l’a trouvé.
Comment traduire dans nos vies le fait de « tout vendre » pour obtenir le trésor ? C’est la décision de chaque jour de vivre selon les béatitudes, selon l’esprit du Royaume qui grandit lentement comme la graine de moutarde. Il faut avoir confiance : que la petite graine donnera un arbre, que le levain fera monter toute la pâte, que la civilisation de l’amour peut l’emporter. C’est décider aussi de ne pas céder aux voix des sirènes qui nous appellent à nous replier sur nous-mêmes, sur nos acquis, sur nos identités. C’est le discernement que Salomon voulait obtenir au début de son règne : il le demandait pour gouverner son peuple, nous pouvons le demander pour gouverner notre vie, nos services, nos engagements, même nous l’avons reçu comme un don du Saint-Esprit.
Que retenir de cet enseignement du Christ :
Le Royaume de Dieu est si déterminant qu’il engage toute notre vie au point que les anges sépareront les méchants des justes. Il exige un engagement radical qui est à refaire chaque jour, pour vivre selon le Royaume, dans l’esprit des béatitudes. L’appel du pape Léon XIV à construire cette civilisation de l’amour ne doit pas devenir un texte mort, stérile. Si nous allons le rencontrer dans 2 mois à Paris ce n’est pas pour l’admirer, c’est pour recevoir ses paroles comme celles d’un pasteur et pour les mettre en pratique afin que nous soyons des disciples heureux d’avoir trouvé le trésor qu’est le royaume des cieux.