Intention de prière ?

Index de l'article

Ce texte n’est pas facile à comprendre. Pourquoi Jésus fait-il l’éloge de cet intendant malhonnête ? Cela veut-il dire que tous les voleurs seront sauvés ? 

Je vous propose de faire le même exercice que celui que frère Maximilien nous proposait la semaine dernière. C’est-à-dire de regarder à qui nous pouvons comparer les personnages de la parabole, et ainsi d’accéder à une meilleure compréhension du message du Christ. Je vous propose aussi que nous réfléchissions aux autres passages de l’évangile où il est question de l’argent et de la gestion. Alors, nous comprendrons peut-être mieux le rapport à l’argent que Jésus souhaite que nous adoptions.

Comme la semaine dernière, le maître du gérant apparait comme une figure de Dieu, et en particulier, une figure de Jésus. Il vient sur terre, et il trouve le gérant dilapidant ses biens. L’image de ce gérant peut se lire de deux manières. Ce peut être le peuple juif qui a reçu en héritage l’Alliance de Dieu, mais qui dilapide ce don en refusant le Salut aux pécheurs et en se compromettant avec les païens. 

La mauvais gérant se peut être aussi tout simplement nous ! qui avons reçu de Dieu la vie et de nombreuses grâces, mais qui les dilapidons par notre péché, par notre infidélité. 

Ces deux lectures symboliques de l’évangile sont vraies et fonctionnent, mais elles ne nous permettent pas encore de comprendre pourquoi Jésus loue la malhonnêteté de l’intendant.

Il y a de nombreuses paraboles du même genre liées à l’argent. Rappelons-en deux afin de les comparer à celle de ce dimanche. Elles nous donneront peut-être des indices sur le but de l’enseignement de Jésus.

Bien sûr, vous connaissez la parabole de la semaine dernière ; celle du fils prodigue. Rappelez-vous ce père qui ne s’offusque pas que son fils lui demande sa part d’héritage, mais qui la lui donne immédiatement. Ce n’est certainement pas ce que vous feriez si votre enfant venait vous demander la même chose ! Je comprends là que Jésus nous invite à un rapport détaché à l’argent. Il n’est pas nécessaire de le retenir, mais au contraire, il est bon de le donner à celui qui le désire, même si c’est pour de mauvais motifs.


Il y a aussi la parabole du riche insensé (Lc 12,13-21). Souvenez-vous de ce riche qui a fait une merveilleuse récolte et qui se parle à lui-même en planifiant comment il jouira de sa très grande richesse dans les années à venir. Finalement, Dieu interrompt ses réflexions et annonce sa mort imminente. Face à la mort, ses projets d’avenir apparaissent comme une folie. Il aurait mieux fait de partager ses bien avec autrui. Sa richesse ne lui profitera pas et à personne d’autres.

Cette dernière parabole nous éclaire sur l’attitude que Jésus désire que nous adoptions vis-à-vis de l’argent en général. Nous sommes invités à l’utiliser pour répandre le bien autour de nous et non à l’accumuler. 

Il y a donc un bon rapport à l’argent. Nous voyons ce gérant qui dilapide l’argent qui ne lui appartient pas. C’est donc mal ! Mais avec cet argent, il se fait des amis, ce qui est bien ! Or le but de cet argent est de faire le bien. Pour de mauvais motifs, le mauvais gérant parvient à faire le bien que le riche insensé n’est pas parvenu à faire.

Je crois que c’est une leçon pour nous. Nous gagnons de l’argent à la sueur de notre front, grâce à notre travail. C’est dur, et nous en savons le prix. Nous comptons sur cet argent pour nous permettre de vivre, nous apporter un peu de confort, et finalement un peu de plaisir. Mais notre travail, c’est avant tout de modifier les dons de la terre donnés par Dieu en quelque chose qui a plus de valeur, et ainsi nous gagnons de l’argent. Nous oublions donc que c’est Dieu qui a mis le capital de départ. Sans terre, il n’y a pas de nourriture, sans métaux, il n’y a pas de monnaie, peu d’objets, pas de véhicules de transport, pas d’outils. Dieu a tout disposé pour nous sur cette terre, et nous l’oublions souvent. Nous sommes comme cet intendant malhonnête qui dilapide les biens de son maître pour son propre bien.


Heureusement, Dieu nous aime et a pitié de nous. Il ne nous condamne pas en fonction de notre faute. Au contraire, il nous invite à nous montrer plus habiles avec le fruit de notre travail. En effet, le mauvais gérant fait finalement quelque chose de bien en se faisant des amis. Nous de même, face à la mort, nous ne sommes pas obligés d’accumuler encore plus de richesses, mais nous pouvons nous montrer généreux envers les pauvres, envers nos enfants, envers l’inconnu qui se tient à notre porte et qui demande notre aide. Ce n’est pas le bien que Dieu souhaite pour l’humanité, mais c’est mieux que de mourir prisonnier d’un coffre-fort qui ne vous permettra pas d’aller vers Dieu.

Ainsi en conclusion : Jésus connait bien le cœur de l’homme. Il sait que nous sommes cupides, peu capables de partager. Alors, ce n’est pas si mal de le faire pour de mauvaises raisons. Faire le bien pour de mauvaises raisons n’empêche pas la bonne action accomplie d’avoir de la valeur. Surtout, c’est un bon début, car le mauvais gérant n’aura bientôt plus de biens à dilapider. Il sera alors invité à l’humilité et à la dépendance. Pour entreprendre un chemin de sainteté et de conversion dans le dénuement et la gêne, il est nécessaire d’être entouré par des amis, la famille et des proches.

Je retiens donc de cette parabole que Dieu connait bien nos cœurs malades et égoïstes. Il sait que nous n’allons pas toujours vers lui par pur amour et que nos raisons de faire le bien sont souvent ambivalentes. Mais peu importe le point de départ, seul compte le point d’arrivée. Que notre argent mal acquis soit l’occasion de faire le bien, que notre cœur dur et malade s’habitue à le faire et découvre le pouvoir de la grâce. Alors nous marcherons toujours plus confiants vers Dieu ; alors notre cœur se purifiera toujours plus pour Le rencontrer. 

portrait

Inscription à la newsletter

Rechercher

Nos coordonnées

Abbaye Saint-Martin de Mondaye
14250 Juaye-Mondaye
Tél. 33 (0)2.31.92.58.11
Fax 33 (0)2.31.92.08.05
Nous écrire par email
logoabbayesnormandes logonormandiequalitetourisme

Partager !