Intention de prière ?

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Chers frères et sœurs,

Je voudrais concentrer notre attention et notre méditation ce matin sur cette toute petite parabole de l’évangile de saint Matthieu : Vous êtes le sel de la terre. Mais si le sel devient fade, comment lui rendre de la saveur ? Il ne vaut plus rien : on le jette dehors et il est piétiné par les gens.

Ma première question est : qu’est-ce que les disciples qui écoutaient Jésus pouvaient comprendre en l’entendant leur dire : Vous êtes le sel de la terre ?

Je crois qu’ils pouvaient comprendre d’abord qu’ils comptaient aux yeux de Jésus, leur maître et seigneur. Le sel, dans le monde antique, avait une importance capitale, on savait très bien le tirer de l’eau de mer, ou l’extraire des mines de sel. Les anciens savaient ses propriétés antiseptiques, antibactériennes et antifongiques. Le sel était le conservateur par excellence des aliments (la fameuse salaison, et c’est resté vrai jusqu’aujourd’hui). Le sel était si précieux que les Romains payaient leurs soldats en argent ou en sel (le mot salaire vient du mot sel !). Du coup, ce sel si nécessaire a été souvent un monopole royal, un levier de pouvoir sur les pauvres gens, l’impôt sur le sel, qu’on appelait la « gabelle » dans la France d’Ancien Régime, a été ressenti toujours très durement. L’assemblée nationale a aboli la gabelle en 1790. On pourrait parler longtemps du sel, c’est une histoire passionnante.

Mais je veux simplement faire comprendre que lorsque Jésus dit à ses disciples ou nous dit ce matin à nous : Vous êtes le sel de la terre, il dit une chose a priori très importante. Il dit : Dieu vous a faits très utiles pour le monde.

En quoi les disciples de Jésus sont-ils utiles ? J’ai parlé du sel conservateur, mais il faut penser sans doute à l’autre utilité du sel : le sel donne la saveur aux aliments. En dépit de tous les dangers d’hypertension, de maladies cardiovasculaires et autres calamités que nous promettent certains médecins, nous aimons le sel, parce que nous aimons la saveur. Jouant sur l’homophonie des deux mots, Pline l’Ancien disait : Nil utilius sole et sale, il n’y a rien de plus utile que le soleil et le sel. De la lumière et du goût. En réalité, c’est exactement ce que nous cherchons, même sans toujours le savoir, dans notre vie. Une vie ensoleillée, une vie qui ait du goût. Une vie de sagesse aussi : les anciens établissaient un rapport entre sapientia (la sagesse) et les choses qui ont du goût (sapiant). Chez les romains païens, comme dans l’Eglise au baptême (mais le nouveau rite l’a supprimé), on mettait un peu de sel sur la langue du nouveau-né, pour l’inviter symboliquement à la sapientia, à la sagesse.

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