Intention de prière ?

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« Donnez-leur vous-mêmes à manger ! » Quelles impressions ces paroles du Christ firent-elles sur les Apôtres, les comprirent-ils seulement ? Bien sûr, ils avaient vu la puissance de Dieu à l’œuvre, lorsque Jésus les avaient envoyés dans les villages, deux par deux. En son nom ils avaient accomplis des guérisons et ils en étaient revenus éreintés, mais plein de joie. Jésus leur avait proposé de le suivre à l’écart pour se reposer un peu, mais les foules ne le lâchaient pas d’une semelle. Eux avaient plutôt envie de se laisser aller un peu. Tentation et épreuve que connaissent fréquemment les consacrés, lorsqu’après s’être donnés à fond dans un ministère, ils se retrouvent seuls, fatigués et livrés à eux-mêmes, éprouvant tout à la fois une gratitude profonde pour ce que Dieu a accompli et un sentiment de vide : l’expérience de l’écart entre l’œuvre de Dieu et la pauvreté de l’homme est vertigineuse parfois.  Moments délicats où savoir se reposer sans se laisser aller est tout un art. Aussi, en cette fin de journée, les Apôtres avaient-ils demandé à Jésus de renvoyer la foule. Et la réplique de Jésus les avait probablement surpris : « donnez-leur vous-mêmes à manger ! » L’ordre était si impossible à réaliser qu’il en devenait tout simplement incompréhensible, inaudible. Jésus disait cela pour les mettre à l’épreuve, commente saint Jean. Cinq pains et deux poissons ! Les moyens sont tellement dérisoires que les 4 évangiles ont retenu les chiffres. Saint Jean précise que c’est un enfant qui les a, et nous rapporte la remarque d’André « mais qu’est-ce que cela pour tant de monde » ! Jésus demande-t-il à ses disciples des choses impossibles ? Aujourd’hui comme hier ? Ne nous arrive-t-il pas, certains jours, de le penser ? De trouver que Dieu nous demande exactement la qualité que nous n’avons pas, le talent qui nous fait défaut, la vertu qui nous manque ? A moins que nous n’ayons pas encore vraiment compris ce que Dieu nous demande, ni qu’il nous donne toujours ce qu’il nous ordonne ! 

« Donnez-leur vous-mêmes à manger ! » Pour éclairer le sens d’une telle parole, sans doute faut-il faire un détour par les textes que la liturgie nous offre aujourd’hui.

L’évangile ne nous montre pas en Jésus un magicien aux pouvoirs  stupéfiants qui demanderait aux disciples de faire de même. Ce dont il est question ici est d’un tout autre ordre : l’évangile veut nous faire découvrir en Jésus la véritable figure du prêtre, le véritable sacerdoce. Nous retrouvons en effet bien des parallèles entre les textes bibliques d’aujourd’hui et la liturgie de la messe. « Jésus prit les cinq pains et les deux poissons, et, levant les yeux au  ciel, il prononça la bénédiction sur eux, les rompit et les donna à ses disciples. » Tout à l’heure, dans la prière eucharistique, les prêtres diront les mêmes paroles : « il prit le pain dans ses mains très saintes, et les yeux levés au ciel, vers toi, Dieu, son Père tout-puissant, en te rendant grâce il le bénit, le rompit, et le donna à ses disciples, en disant… » Et la liturgie nous renvoie explicitement à une figure de prêtre biblique, celle de Melchisédech, un roi un peu mystérieux, dont il n’est question que deux fois dans l’Ancien Testament : dans l’histoire d’Abraham, au livre de la Genèse et dans le psaume 109. Au terme d’un conflit, Abram rencontre ce roi-prêtre, Melchisédech, roi de Salem, c’est-à-dire roi de paix, qui apporte du pain et du vin et l’offre en prononçant une bénédiction. Le peuple juif a reconnu en lui une figure du Messie, à la fois roi et prêtre et le Nouveau Testament y reconnût l’annonce du sacerdoce accompli par Jésus lui-même. Le sacerdoce de ce roi est bien antérieur à Moïse et au culte du temple, il est extérieur à Israël, il est universel. Ce prêtre d’un passé si lointain annonce un avenir encore plus lointain, celui du sacerdoce du Christ. La liturgie eucharistie y fait référence, disant de son sacrifice qu’il était le signe du sacrifice parfait. Il était facile aux chrétiens de voir dans le pain et le vin l’annonce de l’eucharistie et cette scène de la Genèse figure dans l’un des huit médaillons qui entourent l’autel de cette abbatiale, et qui sont tous reliés à l’eucharistie.

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