Avez-vous déjà gardé un troupeau d’animaux ? Parmi vous, certains se sont très probablement occupé de vaches. D’autres ont peut-être une expérience avec les moutons ? Les textes lus en ce jour comparent le peuple des baptisés, auquel nous appartenons, à des brebis : en fait, il doit s’agir d’un troupeau de moutons, mais l’Ecriture sainte est délicate : ce ne serait pas très positif pour nous d’être comparé à un animal peu intelligent et somme toute assez dégoutant ! Si bien que nous sommes un troupeau de brebis, avec pour berger – pour Bon Berger – Jésus notre Sauveur. Cette comparaison du peuple élu de Dieu avec un troupeau revient souvent dans la Bible : nous avons chanté tout à l’heure le psaume 99 : Nous sommes son peuple, son troupeau. Nous aurions pu aussi bien chanter le psaume 22 : Le seigneur est mon berger. Mais puisque l’Eglise nous propose de célébrer aujourd’hui le Dimanche des vocations, qu’est que cette comparaison avec un troupeau et son berger, peut nous apprendre sur les vocations ?

Dans un premier temps, rappelons-nous que la vocation c’est d’abord l’appel du Berger. Dans un second temps, nous savons que dans le troupeau, certains sont appelés à devenir les pasteurs avec le Bon Berger. Mais comment un membre du troupeau peut-il être aussi le pasteur ? Il nous faudra donc répondre à cette question dans un dernier temps

Comme nous l’a rappelé le Pape François, et comme l’affirme l’Église depuis 2000 ans, le premier appel de Dieu lancé à tout Homme, c’est de croire en son Fils, Jésus, notre Sauveur. Mais croyant ou non, l’homme a de toute façon un appel – une « vocation » - naturelle : il est fait pour être heureux. Si bien qu’à la croisée de nos vocations (naturelle ou surnaturelle), il nous faut connaître Jésus, le Sauveur. Lui, le bon berger, saura nous garder du mal. C’est lui qui nous fait connaître l’amour de Dieu pour chacun de nous. Jésus l’affirme dans l’évangile de ce matin : personne ne peut arracher les brebis de ma main ou de la main de mon Père. 


Notre vocation à chacun d’entre nous – et si nous le croyons dans un élan missionnaire, pour tout homme vivant dans ce monde – c’est d’entrer dans le troupeau de Dieu, par le baptême. Ce troupeau-là, le Seigneur nous dit qu’il en connait chaque membre, il reconnait chaque brebis : il ne nous confond pas. Chacun a du prix à ses yeux. Sans doute nous sommes très différents, mais les baptisés ne forment qu’un seul troupeau. Et Lui, en bon gardien du troupeau, il nous conduit, au jour le jour. Parfois, nous allons nous égarer sur des chemins de traverse, mais lui est capable de nous ramener vers Lui et vers son Père.

Mais parce que Jésus est remonté s’assoir à la droite du Père après l’Ascension, il a laissé les apôtres pour s’occuper de son troupeau qui est l’Église. Mais les apôtres, tout comme leurs successeurs, évêques et prêtres de nos jours, ne sont que des hommes, membres du troupeau choisis pour le diriger. Ils reçoivent donc un appel du Seigneur, une « vocation » comme on dit, soit que Dieu les appelle directement, par grâce, ou parce qu’ils auront entendu cet appel par l’intermédiaire d’autres chrétiens. En tous cas, ils demeurent eux aussi des brebis, même si l’Eglise leur a confié un service de « berger ». Les prêtres comme les évêques sont d’abord des baptisés, et comme eux ils ont besoin d’être guidés vers le Père par le Seigneur Jésus-Christ. Mais alors ne sont-ils pas comme les aveugles cités dans l’Évangile qui guident d’autres aveugles ? A la fin tout le monde finit dans le fossé ! 


Nous devons donc comprendre ensemble comment un membre du troupeau peut aussi guider le troupeau. Le premier point important à se rappeler est que la comparaison avec le troupeau de brebis est juste une comparaison. On ne doit pas l’utiliser comme une vérité absolue.  Nous ne sommes pas des brebis. Ainsi, la différence entre le Christ et nous est moins grande qu’entre une brebis et nous. En effet, parce que Dieu s’est fait homme en Jésus, nous pouvons nous aussi accéder à la divinité en Jésus. Aussi, devenir prêtre, évêque, ou tout autre pasteur du troupeau signifie laisser la place en nous pour devenir semblable au Christ, le seul Pasteur. C’est parce que le chrétien est semblable au Christ qu’il est aussi pasteur. Être semblable au Christ, c’est accepter de donner sa vie pour que le troupeau vive et soit sauvé. Cet appel de Dieu, chaque fidèle le reçoit, d’une manière ou d’une autre. Nous le savons très bien, car fonder une famille, devenir prêtre ou religieux signifie exactement cela : donner sa propre vie pour le bien de ceux qui nous est confiés. Un père ou une mère de famille se voit confier la garde de son conjoint et de ses enfants. Le prêtre donne sa vie pour les Chrétiens qui lui sont confiés. Les religieux donnent leur vie pour le monde entier. Chacun d’entre nous donne sa vie pour son prochain, qui lui est confié !

Reste la question la plus importante, à laquelle chacun d’entre nous doit répondre dans le secret de son cœur : n’avons pas encore répondu, est celle-ci : à quel appel de Dieu as-tu accepté de répondre, par ta propre vie ? D’une manière ou d’une autre, il a besoin que toi aussi, tu sois pasteur dans son troupeau. Peut-être n’a-t-il pas cent brebis à te confier, peut-être est-ce seulement dix, ou seulement une. Mais il a besoin que tu te fasses, toi aussi, bon pasteur pour ses brebis. Lui donneras-tu ta vie ?

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