Pauvre Jésus ! Ca n’est pas facile d’être ressuscité. Tout le monde vous croit encore mort, et tout le monde s’en arrange. Il est mort, c’est dommage. Mais vous, pas du tout, vous n’êtes plus du tout mort, vous êtes ressuscité. Vous avez vaincu la mort, vous l’avez écrasée du bout du pied, parce que la mort c’est la ténèbre, c’est le mal absolu. Alors vous l’avez écrasée, la mort, vous l’avez piétinée, parce que vous êtes Dieu, vous êtes la vie pour toujours, vous êtes la tendresse infinie d’un Père qui n’a pas fait la mort pour ses enfants, mais qui veut qu’ils vivent, tous, pour toujours et avec Lui. Vous êtes ressuscité, vous êtes content. Jésus est bien content d’être ressuscité, d’avoir gagné pour toujours. Entre Pâques et ascension, il a fait une expérience humaine et divine merveilleuse, inédite dans l’histoire du monde.

Mais ce n’est pas facile d’être ressuscité, au milieu des apôtres ou au milieu de gens comme nous. Parce que vous êtes le Seigneur, vous entrez tout vainqueur, tout vrai, dans la vie des gens, vous entrez dans la salle où sont les gens – évidemment, ce qui complique, c’est que vous n’êtes pas entré par la porte ou par la fenêtre, vous êtes juste entré comme ça, mais enfin vous êtes là quand même, vivant ! Et les gens font la fine bouche. Ah, c’est lui ou ce n’est pas lui ? C’est vrai ou ce n’est pas vrai ? Saint Luc dit que les apôtres et leurs compagnons, réunis dans la pièce, croyaient voir un pneuma, un fantôme, un esprit, un souffle, du vent, quoi !

Pauvre Jésus ! Comment va-t-il faire la preuve qu’il est lui, bien lui, bien vivant ? Qu’elles sont toutes simples, toutes humaines, les preuves qu’il donne. D’abord : Voyez mes mains et mes pieds. Touchez-moi. Un esprit n’a pas de chair ni d’os. Vous voyez bien que j’en ai. Saint Luc, qui est un évangéliste discret et délicat, ne fait pas dire à Jésus : « Voyez mes mains et mes pieds, avec la trace des clous, avec la plaie, la cicatrice pas encore fermée de ma souffrance ». Jésus dit seulement « voyez mes mains et mes pieds ». Et il ajoute : Ego eimi autos. C’est moi-même, c’est moi le même. Et si la TOL, traduction officielle de la liturgie, 2013, n’était pas si bête, elle oserait traduire ce ego eimi autos littéralement : « Je suis, moi-même ». Oui, « Avant qu’Abraham fut, je suis ! ». Il n’y a que Dieu pour parler de lui-même de cette manière, à Moïse ou à chacun d’entre nous : « Je suis ».

Et là, l’évangéliste a une expression très curieuse, très belle : Dans leur joie, ils n’osaient pas y croire. Vous avez fait sans doute l’expérience, frères et sœurs, d’une merveilleuse nouvelle qu’on vous annonce, et qui n’est pas croyable. Vous ne la croyez pas encore, parce qu’elle est trop merveilleuse, mais déjà, oui déjà, votre cœur est empli de joie, une joie que vous retenez, vous êtes au bord de la joie et déjà dans la joie. Il ne faudrait plus grand-chose pour que la joie éclate vraiment. Alors Jésus donne une deuxième preuve. Le poisson grillé. C’est fou ce qu’il mange de poisson grillé dans les jours qui suivent sa résurrection, j’espère pour lui qu’il aimait ça. Ils lui présentèrent un morceau de poisson grillé qu’il prit et qu’il mangea devant eux. Dans certaines versions grecques et dans de nombreuses traditions du texte évangélique (syrienne, géorgienne, arménienne) il y a un petit morceau de verset que le texte canonique ne retient pas : kai melissiou kèriou. Ils lui donnèrent un morceau de poisson grillé « et un rayon de miel ». Elle est belle, cette variante textuelle, moi je crois qu’ils lui ont donné aussi, avec la poisson, un peu de miel. Quelle douceur. Ils ne sont pas sûrs encore que c’est le Seigneur, mais ils veulent déjà lui faire plaisir, Jésus mange devant eux du poisson et du miel.

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