Jour

Hugues Bennebroek - Poste (B) (Tous les jours)

Hugues Bennebroek est né à Huybergen aux Pays-Bas le 26 février 1881. Il devint prémontré à l’abbaye de Postel le 3 octobre 1903. Ordonné prêtre le 21 février 1909, le jeune chanoine allait résider pendant un demi-siècle dans l’enceinte de l’abbaye. Succentor en 1912, circateur, maître des novices en 1916, il fut élu abbé en 1926.

L’abbé Bennebroek a pratiqué la vie canoniale d’une manière exceptionnelle. Dans le couvent, il avait toujours témoigné un chaleureux intérêt au travail de ses confrères et à leurs entreprises. Maintenant, il était à leur côté comme abbé pour les encourager. Les initiatives pouvaient venir de leur part, car le prélat ne cherchait pas à ce que l’attention fût dirigée sur lui. Il faisait siennes les paroles du psaume 130 : « Seigneur, je n’ai pas le cœur fier ni le regard ambitieux, je ne poursuis ni grand dessein ni merveilles qui me dépassent ». Il s’agissait toujours chez lui du bien commun de la canonie, et son attitude fut le secret de l’épanouissement de Postel. Plusieurs chanoines de l’abbaye étaient déjà en poste au Congo, et le prélat Bennebroek s’employa désormais à accueillir à discrétion des postulants, dans une visée missionnaire. Jusque là, faute de place et de ressource, on avait limité le recrutement à Postel. L’entreprenant abbé fit au contraire agrandir les stalles du chœur (qui passèrent de 25 à 50) et construisit autant de chambres. Les missionnaires prémontrés purent alors partir en nombre vers l’Afrique, et une propre mission fut attribuée à Postel, élevée en 1937 au rang de préfecture apostolique. A la demande de l’évêché, il fournit aussi des professeurs de religion dans les écoles secondaires, et autorisa d’autres de ses religieux à devenir aumônier d’action catholique ouvrière ou agricole. L’Apostolat de la Bonne Mort, dont le siège était à Postel, bénéficia aussi de sa protection. La situation temporelle de l’abbaye, cependant, était peu souriante : l’extension des œuvres apostoliques et la mission croissante du Congo augmentaient les soucis financiers du monastère. Suite à de dures tractations, vers la fin des années trente, l’abbaye récupéra le reste des biens situés dans l’enceinte, restés entre des mains étrangères après la restauration de 1847. On chercha alors, par une exploitation plus intense des terres, à augmenter les revenus de l’abbaye. A cet effet, le prélat Bennebroek fit confiance totale à Raphaël Otten, nommé cellérier en 1943. Ce dernier parvint à tripler le domaine de l’abbaye et à le rentabiliser en mettant la bruyère en culture. Simultanément, ce frère fut maître des convers pendant 23 ans, réussissant à former une solide communauté de frères, authentiques religieux qui prenaient sur eux l’entretien de l’abbaye et l’exploitation de la ferme.

Ainsi furent jetés, sous cet abbatiat, les fondements de l’avenir. Avec la discrète fierté qui lui était propre, Hugues Bennebroek suivit l’évolution de Postel au plan spirituel comme au plan temporel. Non sans humour, il dit un jour à son successeur : J’étais un prélat pauvre, vous serez un prélat riche. Postel fut toujours le chez-soi de cet abbé, et il y séjourna avec joie. Il participait avec ses frères à la vie communautaire et fut pour eux un père bienveillant, toujours prêt à les écouter. En bon chanoine régulier, il attachait une grande importance à la vie liturgique. A cette fin, il avait donné son accord pour réaménager l’église. Sa présence à l’office choral était sans défaut, mais en 1947 il fut obliger, à cause de sa santé, de s’absenter de l’office des matines. Il en souffrit beaucoup. Ses frères avaient cependant en lui un exemple édifiant de prière intense.

Quand il jugeait nécessaire d’avoir contact avec des gens de l’extérieur, il les traitait avec une affabilité distinguée. Mais il restait de préférence à l’intérieur du monastère, où le silence claustral favorisait l’intimité avec le Seigneur. Il avait dans l’église un confessionnal fréquenté, où il resta à la disposition des fidèles jusqu’à sa mort. Après son jubilé de 25 ans d’abbatiat, le 8 mai 1951, il présenta sa démission qui fut acceptée en décembre. Il dit alors : S’il m’était encore accordé trois ans de vie, cela me suffirait. Il les reçut en effet. En visite chez des amis de l’abbaye, il mourut frappé d’une crise cardiaque, le 18 août 1954. Il était âgé de 70 ans.

Catégories

Recherche d'événement

Inscription à la newsletter

Rechercher

Nos coordonnées

Abbaye Saint-Martin de Mondaye
14250 Juaye-Mondaye
Tél. 33 (0)2.31.92.58.11
Fax 33 (0)2.31.92.08.05
Nous écrire par email
logoabbayesnormandes logonormandiequalitetourisme

Partager !