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Hubert Noots - Tongerlo (B) (Tous les jours)

Albert Noots, né à Neerpelt le 21 juin 1881, avait travaillé pendant trois ans, après sa rhétorique, dans la banque de son père. Il se présenta alors à l’abbaye de Postel, mais l’abbé Herstraet, qui observait le numerus clausus, lui intima qu’ils avaient déjà un bon candidat pour cette année-là – de fait, le candidat était Hugo Bennebroek, futur abbé. Aussi le jeune Noots alla-t-il frapper à la porte de Tongerlo, où il reçut l’habit blanc de saint Norbert et le prénom religieux d’Hubert. Il fut ordonné prêtre le 8 septembre 1907. A Rome, il obtint le grade de docteur en théologie, le 11 juillet 1910. De retour dans son abbaye, il fut nommé cellérier, proviseur et lecteur en sciences sacrées. Il sembla plus doué pour l’administration du temporel que pour le métier de professeur. Lors de l’élection abbatiale de 1916, il obtint une voix seulement de moins que son confrère Hugues Lamy, qui fut élu. Considérant ses multiples qualités, le vicaire général de la circarie, Gommaire Crets, le proposa bientôt pour devenir procureur général de l’Ordre à Rome. Il fut nommé le 15 mai 1921. L’abbé général résidait alors dans son abbaye de Schlägl, et le procureur représentait seul l’Ordre dans la ville éternelle. Hubert Noots fut alors nommé Abbé titulaire de Floreffe, le 19 septembre 1921.

Le nouveau procureur avait reçu une solide formation religieuse, à laquelle il restait foncièrement attaché. La vie canoniale, telle qu’il l’avait connue et vécue dans son abbaye de Tongerlo, était pour lui le reflet de l’authentique idéal norbertin. Il y restait fidèle et voulut l’imposer à l’Ordre entier. Noots n’était pas vraiment l’homme de la pluriformité. Avec une ponctualité exemplaire, il remplissait ses devoirs de religieux et de prêtre : la messe quotidienne, la récitation des heures liturgiques, la méditation, le chapelet. Il veillait à ce que l’office divin fût célébré dignement dans la maison généralice, et que la discipline régulière fut observée. Les étudiants des diverses abbayes qui résidaient au généralat devaient être modelés suivant la tradition prémontrée, et – à son avis – la piété avait autant de valeur que les études. Les Statuts de l’Ordre, pensait-il, n’étaient pas faits pour être discutés, mais pour être observés. Il était, sur ce point, inflexible.

Sa personnalité religieuse n’avait pas passé inaperçue au Saint-Siège. Le Pape Pie XI lui confia plusieurs missions délicates chez divers ordres religieux et dans des monastères qu’il fallait mettre à nouveau sur les rails.

Devenu abbé général le 30 septembre 1937, il se mit à l’élaboration des Statuta renovata, promulgués au chapitre général de 1947. Il insista pour la composition d’un directorium spirituale, dont il proclamait la grande importance. Quand il devait présider une élection d’abbé, il envisageait surtout l’avenir de cette abbaye, parfois sans se soucier du résultat des urnes ! Hubert Noots ne faisait guère d’efforts pour paraître sympathique et ne craignait pas d’être impopulaire, toujours concerné par le bien de l’Ordre plutôt que par les petits succès. Il était, au sens profond du terme, un homme d’autorité. Et il veillait à ce qu’on respectât cette autorité. Lorsqu’il parcourait les abbayes, il se conduisait en abbé général et en responsable. De même attendait-il le même souci de responsabilité chez les abbés et supérieurs de son ordre. On lui aurait appliqué volontiers le psaume : Initium sapientiae timor Domini. Mgr Noots n’était pas un dur, mais il était ferme.

L’Ordre ne disposait à Rome que d’une résidence trop petite et peu adaptée. L’abbé général Noots construisit sur l’Aventin une maison généralice qui fut en même temps collège prémontré : un édifice commode et de bon goût, pour lequel il parvint à ne pas demander l’aide financière des abbayes.

Mgr Noots cultivait l’art de l’accueil d’une manière étonnante. Il recevait gentiment aussi bien les dignitaires que les parents des religieux ou les amis des abbayes. En compagnie, il était agréable et charmant, toujours prêt à faire plaisir, fidèle à sa devise : Ministrare et benefacere. Nombreux étaient les supérieurs religieux, les « monsignori » et les prêtres qui venaient le consulter. Il a soulagé pendant la guerre la misère de beaucoup de gens en détresse. Pour les pauvres qui venaient frapper à sa porte, il avait toujours une attention délicate.

Le Saint-Siège lui demanda de devenir membre du Conseil pontifical pour le clergé indigène et de l’œuvre pontificale de la Propagande de la Foi. Il était aussi consulteur de la Congrégation des Religieux. Il encouragea et appuya les abbayes qui envoyaient des confrères dans les Missions et qui implantaient l’Ordre dans d’autres continents. Lorsque les abbayes de Hongrie et de Tchécoslovaquie furent supprimées par le régime communiste, il souffrit beaucoup et eut à cœur le sort des religieux chassés de leurs maisons. Convaincu que ce désastre était définitif, il se souciait sérieusement des reliques de saint Norbert conservées à Strahov.

Quand, en 1950, huit membres de la communauté de Csorna purent s’évader de Hongrie, il les accueillit à la maison généralice, sur la demande de leur abbé, et pendant une année, chercha avec eux un avenir en Californie. C’est là qu’ils prirent à nouveau racine, fondant l’abbaye d’Orange. A la même époque, le général encouragea le P. Werenfried van Straaten qui commençait l’œuvre de l’Aide à l’Eglise en détresse. Cette organisation, devenue mondiale aujourd’hui, n’aurait pas vu le jour sans l’aide de Mgr Noots.

Parvenu à l’âge de 82 ans, il donna sa démission d’abbé général au chapitre général le 18 septembre 1962. Il demeura encore un certain temps à Rome puis retourna dans son abbaye de profession, à Tongerlo. Il mourut pieusement dans le Seigneur à l’hôpital d’Anvers, après une vie pleine de mérites acquis pour son Ordre, le 24 juillet 1967. Il avait 86 ans.

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