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f maximilien 2La vie canoniale se veut à l’image de la première communauté chrétienne qui était assidue « à l’enseignement des Apôtres et à la communion fraternelle, à la fraction du pain et aux prières » (Ac 2, 42). Peut-être trouvons-nous ici la source de la vie régulière que nous vivons à l’intérieur du cloître. Mais la première communauté chrétienne avait aussi le sens du témoignage : « C’est avec une grande puissance que les Apôtres rendaient témoignage de la résurrection du Seigneur Jésus » (Ac 4, 34). Sans doute avons-nous ici le fondement de la vie pastorale que notre communauté veut vivre en envoyant des frères annoncer la Bonne Nouvelle du salut dans le monde. Cette vie apostolique peut se vivre à l’extérieur de l’abbaye, en mission, mais aussi à l’intérieur, lorsque la communauté fait le choix d’ouvrir ses portes pour accueillir les hôtes que le Seigneur nous envoie. 

 

 

 

 

 

I] L’hôtellerie : lieu de la fraction du pain et de la prière

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Toute l’année, les frères hôteliers ont la joie d’accueillir, au nom de la communauté, des hôtes aux multiples visages. Ainsi, au fur et à mesure des mois, nous accueillons retraites de prêtres ou de consacrés, retraites d’enfants, de jeunes ou de moins jeunes, récollections pour couples, retraites spirituelles ou sessions de révisions aux examens. Pour tous, l’important est que, durant ce temps plus ou moins long de présence à l’abbaye, nos hôtes vivent à nos côtés, partagent notre prière et notre expérience de la vie de la première communauté chrétienne. 

Il est assez marquant d’accueillir des hôtes qui viennent ici sur la pointe des pieds, ayant presque l’impression gênée de déranger. Certains ne savent pas pourquoi ils viennent, d’autres savent qu’ils désirent se mettre à l’écart pour « chercher », sans reconnaître encore Celui que leur cœur aime. Si certains viennent simplement pour prier, d’autres cherchent le repos et la solitude. Pour tous, l’accueil doit être le même : simple et joyeux. Ce qui est premier à l’hôtellerie, c’est l’accueil de l’autre, là où il est, afin d’en devenir le prochain. À l’image de saint Norbert, nous tâchons d’être « grand avec les grands, modeste avec les petits, aimable pour tous ». 

II] L’hôtellerie : lieu de l’annonce de l’Évangile 

D’une part l’hôtellerie accueille, d’autre part, elle propose. En effet, la communauté a pour vocation l’annonce de l’Évangile, et cela passe par différentes retraites ou récollections proposées et prêchées par des frères : week-end couples, conférences de Carême, retraite spirituelle pour tous ou pour religieuses, session d’été ou d’hiver pour les familles… 

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Saint Norbert a laissé trois recommandations à ses frères : « la pureté à l'égard de l'autel et du service divin ; la correction, au chapitre, des excès et des négligences ; le soin des pauvres et l'hospitalité ». Les propositions de l’hôtellerie veulent aussi suivre ces recommandations. Parce que notre Ordre met un point d’honneur à élever nos cœurs vers Dieu par la pureté à l’égard de l’autel, par une liturgie belle et déployée, la communauté propose différentes sessions au cours de l’année qui veulent faire rencontrer Dieu par l’apprentissage de la beauté et de la liturgie. Ainsi, au cours des sessions d’écritures d’icônes ou d’enluminures, c’est le Beau qui élève l’âme en prière. Pendant les sessions d’art floral liturgique, d’orgue ou pour les servants d’autel, c’est plus spécifiquement la liturgie qui est enseignée pour que grandisse dans les âmes de nos hôtes le désir de rencontrer Dieu. 

L’hôtellerie est un lieu d’accueil, un lieu de partage, un lieu de prière, un lieu d’annonce ; elle est l’endroit de la rencontre entre des hôtes envoyés par le Seigneur et une communauté souvent représentée par le frère hôtelier nommé. Vécue ainsi, l’hôtellerie répond vraiment à la vocation canoniale de notre Ordre.