toulorge1Un jeune religieux dans la tourmente révolutionnaire

Pierre-Adrien Toulorge est né sous Louis XV, en 1757, dans une modeste famille chrétienne – laboureurs de père en fils – à Muneville-le-Bingard (actuel canton de Saint-Sauveur-Lendelin). Ayant probablement senti l’appel au sacerdoce tout jeune, il est collégien puis séminariste à Coutances, et reçoit l’ordination sacerdotale en 1782. Lorsque le jeune prêtre est nommé vicaire à Doville – une minuscule paroisse près Neufmesnil – il ne sait pas que Dieu a commencé à tisser les fils de sa brève et magnifique histoire. La cure de Doville dépend de l’abbaye des chanoines prémontrés de Blanchelande, toute proche. Son curé, le P. François Le Canut, est donc un religieux, vêtu de blanc. Insensiblement, le cœur de Pierre-Adrien est gagné par le désir de rejoindre la communauté de Blanchelande, où la vie canoniale – faite de liturgie chorale, de fraternité et d’apostolat – lui paraît si enviable. Il franchit le pas en 1787 pour recevoir l’habit blanc. Le nouveau frère Pierre-Adrien est d’abord envoyé faire son noviciat à l’abbaye de Beauport, avec d’autres jeunes confrères, puis revient dans son abbaye, où il prononce ses vœux, à l’été 1788. Ni le nouveau chanoine – ni personne alors – ne peut penser que dans tout juste un an, le monde va basculer !

Lire la suite : Pierre-Adrien Toulorge, martyr de la Vérité, 1757-1793

Il n’est pas possible de faire, dans le cadre restreint de cette communication, toute l’archéologie de la législation prémontrée concernant le réfectoire. Il faudrait étudier les codifications primitives dans leur rapport aux usages cisterciens, puis les codifications successives. Disons seulement que la discipline du réfectoire n’a guère changé dans les textes législatifs au cours des âges. Au début du XVIIe siècle, on vivait sous le régime de la cinquième rédaction des Statuts, promulgués par l’abbé général Jean de L’Escluse en 1505. La réalité, elle, pouvait être évidemment différente...

 

... Vous connaissez la formule qu’on a utilisée au sujet du célèbre roman de Flaubert dans lequel il se passe si peu de choses : « Madame Bovary ou le livre sur rien ». J’avoue (sans avoir aucunement l’intention de me comparer à Flaubert !) qu’en écrivant ce petit livre sur sainte Foy, j’ai eu quelquefois l’impression de faire un livre sur rien, sur un objet qui m’échappait. L’historien du dix-neuvième siècle que je suis, habitué à l’abondance des archives, un peu égaré dans l’histoire médiévale, s’est parfois demandé s’il y avait vraiment une histoire à raconter.

Car on veut aujourd’hui connaître la vie des saints. Mais il se trouve que sainte Foy – dont l’existence est tout de même très probable, je vous rassure – a vécu aux alentours de l’an 300, et que les chrétiens de l’Antiquité, à ce moment là, ne racontaient pas la vie des saints : ce qu’ils voulaient surtout savoir, c’était leur passion et leur mort, et ils composaient un récit destiné à garder mémoire de la manière dont ils avaient témoigné jusqu’au bout de leur attachement au Christ...

Souvent, quand je pense à Mondaye, il me vient, entre autres pensées, une question. Une question à la fois historique et spirituelle, qui m’intrigue. Une question dont je ne connais pas la réponse. Cette question  ne m’empêche pas de dormir, et je ne me la pose pas en permanence. Mais parfois, elle pointe son nez, cette question, quand je me promène en haut de la colline qui surplombe l’abbaye, et que j’aperçois dans la lumière dorée du soir, les bâtiments, côté ouest, côté sud. Elle affleure un instant à ma conscience, cette question, et puis elle repart. D’autres fois, cette coquine de question surgit dans l’abbatiale, lorsque nous processionnons sur les dalles funéraires qui jonchent le sol de l’église, ou encore le dimanche après-midi, si je promène jusqu’au cimetière des frères, où les défunts – nos défunts – dorment gentiment. Alors elle vient la question, et elle repart. C’est cette question que je voudrais poser aujourd’hui, et méditer avec vous...

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