2017 04 08 hopital3La visite des malades à l’hôpital est un ministère très modeste, mais comme le Christ le dit lui-même : il est présent dans chaque personne visitée. Les médecins et les infirmières soignent. Les familles et les amis visitent leurs proches. Le visiteur d’hôpital va vers un étranger pour passer un peu de temps avec lui au nom de Jésus-Christ. Depuis six mois, je visite chaque lundi le service de gastro-entérologie de l’hôpital de Bayeux, dans le cadre de l’aumônerie de l’hôpital.

 

Je rencontre souvent une seule fois la personne visitée. Elle me partage sa douleur, sa joie, ses angoisses pour l’avenir, ou sa joie de pouvoir rentrer chez elle. La rencontre peut durer dix minutes ou une heure. Il n’y a pas de norme, seul compte l’instant présent, le besoin de parler pour la personne en face de moi. Parfois nous prions ensemble, plus souvent je l’assure de ma prière. Toute la semaine, les visages des personnes visitées m’accompagnent lors des offices et de la messe.

 

La visite est aussi l’occasion de rencontrer les familles. Les enfants, le frère, la sœur, la mère qui disent leur inquiétude devant la maladie de l’être aimé, les peurs de l’avenir, la douleur de le voir souffrir. Je ne peux que donner quelques paroles de réconfort, bien modestes, car je ne peux porter leur douleur et leur histoire. Le mieux que je puisse faire est de rappeler l’amour qui les unit, et qui ne disparait pas avec la maladie. Parfois, autant que possible, je les invite à décharger le poids de leur souffrance sur le Christ, qui lui aussi connait la douleur et la mort.

 

La fin de vie est une épreuve. L’annonce de la mort prochaine est très dure, car il faut maintenant se préparer à une séparation définitive. Rares sont les personnes prêtes à mourir. Bien sûr, la souffrance a souvent été un ennemi combattu durant de longues années ; la lassitude du combat est là. Mourir est un moyen de quitter enfin la douleur. Mais mourir, c’est aussi tout quitter, en particulier les êtres aimés, pour une autre vie dont nous ne connaissons rien ou presque. Vous le savez, tous les malades de l’hôpital n’ont pas la foi, et même ceux qui l’ont ne sont pas forcément rassurés à l’idée de passer à la vie éternelle. Pourtant dans ce passage, les personnes hospitalisées ne sont jamais seules. Même s’il n’y a plus de famille, le personnel soignant est toujours là, veillant et rassurant. L’aumônier de l’hôpital de Bayeux, Monique Menusier, veille particulièrement à visiter les personnes mourantes pour les aider, répondre à leurs questions, les accompagner dans les derniers moments.

 

Jésus nous l’a dit : la visite d'un malade est une mission très humble. Une visite n’apporte pas la guérison. Il s’agit de se faire petit pour partager les joies et les peines de celui que je rencontre. Il n’y pas de solution à trouver, pas de grandes paroles à dire. J’accueille mon prochain tel qu’il est, et je fais un peu de chemin avec lui dans la maladie et la faiblesse.

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