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Frère Thierry à Haïti


Vous trouverez les nouvelles présentées sous forme de blog.

Les dernières sont du 24 juillet


 

Vous pourrez aussi consulter cet autre blog  http://unjourenhaiti.canalblog.com/ qui vous en dira un peu plus de la vie là bas.

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Dimanche 24 juillet

Je viens de recevoir un avis favorable pour rejoindre une école d’agriculture dans le centre du pays près de la ville « Hinche ». Je quitterai l’Île à Vache fin août. Je pense que c’est une excellente nouvelle. Un contact téléphonique avec le supérieur général des « Petits Frères de Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus » et le directeur de l’école frère Dominique pour une prise de contact. Sur l’Île à Vache une école est tenue par ces mêmes frères.

Je vais quitter les plages pour un pays encore plus désolé, et plus pauvre. J’espère ne pas faire d’erreur, une intention de prière en plus.

 

22 juillet 2011.

Nous conduirons cet après-midi les petits en bateau sur un îlot de pêcheurs où quelques familles survivent de la pêche.

Les ordinateurs sont encore en panne. Je profite du retour en France d’un coopérant pour vous faire parvenir cette lettre.


Le 21 juillet 2011.

Je viens de lire Benoît XVI page 223 l’évangile choisi pour mon ordination.


 

16 Juillet

Certains Haïtiens  sont rapides : les ordinateurs  fonctionnent de nouveau.

Le jardin se fait au rythme du pays.
La chèvre a fait deux petits, la brebis fait de même. Les poules pondeuses sont arrivées.

Mais se sont aussi ici les vacances.

Quelques sorties avec les 10-12 ans qui ne se terminent pas très bien, les gens du pays trouvant que les blancs doivent payer pour dormir sur une plage.
Conclusion en rembarque sous des insultes. Des baignades encore et toujours pour les plus petits qui en raffolent. Tant mieux car le choix des activités est limité.

L'orphelinat est aussi envahi par une multitude de gens qui n’ont rien à y faire. On peut supposer qu'ils s'y trouvent bien. Dommage qu'ils soient envahissants. Nous avons aussi les 18-20 ans qui tournent en rond et ne veulent rien faire sinon attendre leur repas. Normalement ils habitent aux Cayes où ils résident pour les études.

Il fait autour de 40° de chaleur, les moustiques sont toujours à l'attaque. Les menus sont toujours les mêmes. Le curé de l'île est parti pour 6 semaines donc plus de messe, je me lève donc non plus à 6h mais à 7h.

 

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Le 10 juillet 2011,

Trois mois, c’est court mais c’est aussi très long, quand chaque matin, en se levant, on se demande comment on va occuper sa journée ? Certes elle commence par l’Eucharistie et se termine avec la prière du soir des enfants, et une bonne demi-heure avec Benoît XVI et son Jésus de Nazareth. Pour le reste on improvise entre jardin, baignade, et petites choses que j’espère utiles, et quelques lectures profanes.

Je ne suis pas surpris, ni étonné. Personne ici ne m’attendait pour faire vivre l’institution, et surtout pas d’envisager la moindre réforme depuis 30 ans … La soeur me dit trop souvent, et aux autres coopérants « que nous ne sommes pas haïtiens pour comprendre. » De la part d’une Canadienne ! Donc très vite, trop vite, on ne trouve pas sa place, l’oisiveté est un risque pour les plus faibles d’entre nous et ses conséquences … devrais-je être encore surpris ? Certainement pas.

L’Île à Vache est une petite île. Dans mes bagages, je savais aussi y avoir mis autre chose que du linge et une brosse à dents. Je vais me trouver deux mois face à face avec la soeur Flora. Seul depuis que les coopérants sont rentrés en France. Et que le jeune couple prévu pour travailler sur l’école arrive en octobre.

La vie n’en reste pas moins ici un lieu de pauvreté à tous les niveaux. L’orphelinat est un lieu privilégié, malgré ses excès, argent dilapidé, corruption, favoritisme, et autres petites magouilles. Si les donateurs savaient !

J’ai la possibilité de rester ici les sept mois qui me restent à faire, mais je crois que je n’y gagnerai plus rien. Je doute de réussir ici ce pour quoi je suis ici, dommage. Il y a encore trop de violences, peu de convictions et (je suis) trop désabusé. Je suis ici dans une impasse. Il me reste d’envisager de faire ma valise, de continuer ma route de quitter l’Île à Vache. Je viens de recevoir une proposition à confirmer, la « Providence ». La tentation est grande, mais je sais que ma valise sera encore bien lourde et moi-même toujours fatigué de traîner ce bagage encombrant. Je te tiens évidemment au courant. Si je reste à l’Île à Vache, je suis de retour en France le 1er mars 2012, c’est à dire 10 mois en Haïti. Si je quitte l’Île à Vache, je serai de retour en juillet 2012. Le moral reste bon et pas mécontent d’être absent.

10 Juillet

Une surtension a grillé tous les appareils informatiques. il faudra bien 1 mois pour tout remettre en état... donc plus d'internet mais un portable (00) 509 319 69 325 mais pas facile à joindre à l'orphelinat avec un décalage horaire de 5h.

Je vais bien, mais commence à me lasser du riz...

Normalement la soeur m'a confié la gestion du personnel, ce qui n'exclut pas des différences entre elle et moi... pendant 3 mois cet hiver, je vais être le seul volontaire à l'orphelinat...

Là je pars faire découvrir un nouveau coin à quelques enfants qui ne le connaissent pas encore...

 

16 juin

Bonjour Pas d'inquiétude je vais bien. C'est pas si simple, mais je le savais en partant. Donc pas de surprise. J'arrive à me rendre utile. La maison tourne depuis 30ans sans moi. On pourrait envisager quelques améliorations, mais la Soeur fondatrice elle ne les envisages pas.
Donc... nous ne sommes pas débordés de travail. Nous avons pu conduire les enfants handicapés et les bien portants en 2 journées se baigner et en bateau.  Demain petit tour sur la grande terre, histoire de prendre l'air et de faire quelques courses pour améliorer l'ordinaire et faire le plein de lecture. La messe du dimanche dure 2 heures ; conclusion tout le monde baille et les jeunes ne viennent plus. Mais ne dit ton pas qu'Haiti c'est 20% de protestants  80%de catholiques et 100% de vaudous.

Dimanche nous avons emmené les jeunes orphelins en bateau se baigner sur une magnifique plage.

Lundi c'est le tour des handicapés qui 4 fois par semaine, quand le temps le permet, peuvent se baigner. Je suis aussi entrain d'installer une pompe à bras pour le jardin, mais encore faudra t-il que la citerne ne se vide pas trop vite car le temps et au beau.
Nous ne sommes plus que trois volontaires sur le site. La Soeur le regrette. Nous lui expliquons que pour un jeune le voyage n'est pas gratuit… mais c’est difficile pour elle de comprendre que l' Europe est en crise... Je ne vous oublie pas. Je vais réussir à vous envoyez ce mail sans interruption d'électricité, vive les panneaux solaires.

Le 25 Mai

Un bel orage, mais rien d'extraordinaire. Le navire détourné a été intercepté par des pirates de Sœur Flora moyennant quelques dollars. Résultat de la course : les ONG prennent les associations pour des dépotoirs ! Nous avons reçu des pulls pour hivers rigoureux. Un aspirateur de table. Un moteur hors bord qui ne marchera jamais. Et une tronçonneuse qui elle a démarré mais ne coupera jamais rien... Mais pas de lait en poudre. Ici la vie est donc sommaire et un peut rude, il n'empêche que de bons moments font tout simplement que la vie mérite que l'on s'intéresse à elle.

 

Le 19 mai

La situation s'améliore après qu’une épidémie de tourista se soit abattue sur l'orphelinat. Deux d'entre nous dont votre serviteur furent sous perfusion. Affaire qui semble classée. Peut être un coup de soleil lors d'une randonnée en mer.

Le président élu démocratiquement commence à promener ses amies en hélicoptère. Chercher où va l’argent ! C’est vrai que l'île possède de belles plages devant deux hôtels de luxe.

Certains Haïtiens vendent leur terre à de riches Canadiens qui se font bâtir de somptueuses demeures. Au pied de ces demeures, certains se contentent de vivre dans des conditions que nous refuserions à nos animaux.

Précédemment je vous annonçais la saison des pluies, des ouragans et autres calamités : rien à l'horizon sinon un ciel bleu et de la chaleur.

J' ai oublié de vous dire qu'un sermon ici dure 45 minutes. Les Européens qui passent à l'église le dimanche trouvent cela bien. Non pas le sermon, car ils s'endorment comme beaucoup, mais je parle des chants qui : s'ils sont rythmés, conservent un certain manque de variété. Et peut être un fond de souffrance… Finalement notre chorale... notre assemblée du dimanche... Bref chacun sa culture.

Je vous ai entretenu des grosses O.N.G, je viens d'apprendre qu'une association française
qui aide Soeur Flora vient de se faire détourner par une autre association : tout un chargement de lait en poudre  et autres choses tel que des voiles pour les pécheurs qui pour certains en sont à la bâche noire.

 

Le 15 Mai

J'ai quelques difficultés avec les ordinateurs : soit ils sont vieux, soit il n'y a pas d'électricité, soit ils sont pris d'assaut. Je m'essaie le matin. Pour l’instant cela semble marcher. Je vais essayer de répondre à vos questions sur mon environnement. La Soeur Flora est une vieille religieuse de 70 ans qui est complètement dépassée par la vie qu'elle a créée. Son passe-temps : courir après des clés ; et celui de son entourage : l'extorquer, puisque voler un blanc ici ce n’est pas du vol. Les quelques outils que j'achète restent dans ma chambre sous clé. Il y a aussi quelques bénévoles qui passent un mois sinon plus. Tous bien généreux mais sans plus. Les ONG ici font tout et un peu n'importe quoi. Cela dure depuis longtemps. Sur l'île de nombreux puits ont été creusés mais personne pour les entretenir donc rien ne fonctionne et ils sont retournés à la nature. L'orphelinat est le plus gros employeur de l'île. Certains ne viennent que le jour de la paye, allez donc savoir qui contrôle qui, certainement pas la Soeur. Bref le coulage fait partie d'un style de vie. De même pour les repas. C'est fou le monde qui circule dans l'enceinte aux heures des repas. L'eau est rare, donc là aussi des gens qui n'ont rien à faire dans l'enceinte prennent d'assaut les douches. Bref, on est sur une autre planète : la leur, et  que faire?... Les orphelins, eux par contre, sont dans l'ensemble bien installés vu les conditions de vie du pays. Il y a une école tenue par la Sœur. Là ce n'est pas très brillant. Pour le dispensaire, allez savoir à quoi il sert, vu que 20 m plus loin, il y en un tout beau avec ce qu'il faut ! Il est toujours difficile de décrocher. La vie ici finalement est très difficile pour les habitants. Pour moi, je reste gâté car la Soeur m’a réservé une grande chambre toute simple mais très bruyante puisque je loge dans le bâtiment des enfants. A 2 h du matin, ce sont les coqs et à 6 h on se lève. Je me couche par contre autour de 20-21 heures ce qui fait de bonnes nuits. Les journées, je les occupe tant bien que mal. Je ne suis pas débordé de boulot.

 

Le 11 Mai

Bonsoir. Les moustiques attaquent mes jambes qui sont labourée. Le ciel c'est éclairci donc de l'électricité. Je passe beaucoup de temps à chercher des outils qui n'existent pas. J'ai donc pris le bateau pour quelques achats,dans la ville des Cayes. Ville sale, misérable mais mieux que Port au Prince. Tout le monde vivote de petits métiers. Le nombre d'écoles est aussi impressionnant. Il parait qu'une famille c'est en moyenne 5 enfants. Je l'avoue, je ne pensais pas que l'on puisse vivre dans de telles conditions. Pourtant le Sénégal n'était pas très reluisant. J'ai rendu visite aux enfants qui font leurs études au Cayes les garçons comme les filles vivent dans des conditions minables mais eux ont le droit a 3 repas par jour un privilège. Le menu riz pâtes matin midi soir avec de toutes petites variantes. Ici le menu est simple mais luxueux vu ce que mangent nos voisins. La messe est à 6h, donc bonne nuit.

 

Le 5 Mai

Bonsoir. Un petit mot pour dire que tout va bien. Chaleur écrasante pluie diluvienne. Première plongée hier fond sous-marin correct sans plus. Pas de poisson tout a disparu (surpêche et pollution). J'ai rencontré le curé de l'île, il se trouve être en face de 32 dénominations évangéliques. Conclusion dimanche peu de monde à la messe qui a duré 2 heures. En semaine la messe est célébrée à 6 h du matin. Il est 21h bonne nuit.

 

Le 2 Mai

Avec un ordinateur Anglais. De l'électricité  limitée en fonction du soleil et du vent. Donc ici tout est très sale et tout le monde s'en fout. Pour l'orphelinat c'est pareil: imaginer 50 couches par jour qui pourrissent dans un coin du petit domaine à 35 degrés. Et le reste des ordures suit le même chemin.

Aujourd'hui dimanche messe de 2 heures, peu d'adultes et beaucoup d'enfants qui trouvent le temps long. Sermon d'une heure. Beaucoup de sectes sur l’île. Les plages sont tellement sales que je parts me baigner à une demi-heure de marche pour trouver quelque chose de propre.

 

Le 1er Mai

Bonsoir. Il est 18h10. Voyage excellent. Nous avons atterri avec 1h30 de
retard pour cause de violents orages. Bien réceptionné  et direction l'hôtel Minable. Le lendemain mon guide me conduit au bus en passant voir la cathédrale et ce qui reste du palais de la présidence des ruines.
Pour la ville je n'ai vu que pauvreté. TOUT EST TRES SALE MAIS QUE DE VIE…
Je suis arrivée à l'île à vaches attendue au Cayes, bref le rêve.

En plus des lettres de Frère Thierry, vous pourrez consulter ce blog : http://unjourenhaiti.canalblog.com/ qui vous en informera au fils du temps de la vie là bas.

Cela fait plus de 4h que nous sommes en train d'attendre debout et je n'ai qu'une envie, c'est de rentrer m'asseoir... Alors que nous avalons un rapide repas composé de riz chez Marco, je reçois un message de Doudou (le capitaine du bateau) qui me signale que les blancs sont arrivés. Nous partons donc rapidement au quai afin de nous en aller à l'Île à Vache. En fait, il s'agit d'autres blancs que ceux dont je pensais. En effet, nous attendons la venue d'un Frère nommé Thierry. Doudou part donc avec les blancs tandis que je reste pour aller chercher le Frère à la descente du bus.

Il arrive peu de temps après et nous repartons au quai attendre le capitaine. Deux heures plus tard, le voici qui arrive : il a du attendre pour embarquer une femme qui allait accoucher et l'emmener à l'hôpital des Cayes...

Ce matin, je prenais mon petit-déjeuner avec Claire, ce soir je dîne avec Frère Thierry.

 

Présentation du lieu avant de partir :

Haïti : Mère des Caraïbes, corsaires et leurs légendes, et le tremblement de terre … Je vais là où  je crois que cela est bon, là où il n’y a rien qui puisse  passionner un petit occidental sinon des paysages à vous couper le souffle.

Je ne vous quitte pas, je m’absente pour un an, une année sabbatique comme on dit après dix-sept ans parmi vous.  Il y a quarante ans, visitant un bidonville dans la banlieue parisienne, j’ai été à tout jamais marqué par cette pauvreté et devins travailleur social avec pour modèle l’Abbé Pierre. Et l’idée de rejoindre un jour encore les plus pauvres au temps de la retraite professionnelle est bien ancienne. Et me voilà à la recherche d’une Sœur Emmanuelle.  Elle habite l’Ile à Vache depuis trente ans.  Sur cette île de 15 kms de long et 5 de large, les enfants sont très nombreux. On y trouve un orphelinat pour enfants handicapés, une école primaire, un dispensaire,… Notre Sœur « Flora » est tour à tour infirmière, directrice d’école, Elle reçoit des bénévoles pour des séjours plus ou moins longs. (Vous faites sur Google « Ile à Vache » « sœur Flora » et vous aurez quelques sites sur la dite religieuse.)

Si je dois résumer la situation, « Je vais rejoindre Jésus là où Il se trouve. » C’est une conviction que je veux vivre même si je reste un amateur dans ce domaine.  Je vous invite à prier pour toute cette humanité avec qui je vais vivre. Je vous invite à prier pour mon Abbaye de Mondaye qui me permet de vivre cette aventure. Je vous invite encore à prier pour votre petit monastère de Bonlieu que je sers,  je l’espère, avec beaucoup d’amour.  Là encore, en ces lieux, le Maître aussi se rencontre et se trouve.   Certains d’entre vous vont peut-être me trouver un peu pieux ,  je l’avoue avec l’âge… Et cela ne me déplaît pas. Que voulez- vous la sainteté se mérite. Mais dans cette aventure pour ceux qui me connaissent, je reste un rebelle, pour relever les défis.

A bientôt

Thierry


 

 

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